21 octobre 2009
Bain de pieds et brain storming
Ce fut Durozier qui commença.
- Moi, en fin de journée, j’ai les pieds qui gonflent, avec cette chaleur surtout. J’ai cavalé toute la journée. Je n’en peux plus. Je vais faire comme eux, dit-il en désignant les flamants métalliques gigantesques, couleur rouille, qui ornaient le bassin.
Les laîches et autres plantes aquatiques qui en bordaient les deux côtés opposés le rendaient plus frais. Il s’assit sur la margelle, défit tranquillement ses lacets, enleva ses chaussettes qu’il plia soigneusement à côté de lui, et y plongea avec délices des pieds roses que la lumière artificielle montra blanchâtres dans l’eau, sous le regard dubitatif de ses collègues.
Chapitre 15

Deux petits tours par Sainte-Adresse

Ils entrèrent dans Sainte-Adresse. Hugues Lalouette logeait à l’extrémité du Nice-havrais, façade maritime de la petite ville, avant un lieu dit le Bout du monde. Au-delà, c’était la lande sauvage surplombant les premières falaises de la Côte d’Albâtre. Les deux policiers passèrent sous le Pain de Sucre qui, comme un phallus blanc, annonçait aux marins qu’ils arrivaient enfin à bon port et qu’il y aurait des filles et des bars de nuit, faute de carnaval.
Chapitre 4

Les trois policiers coururent jusqu’à la voiture où ils s’engouffrèrent pour démarrer en trombe, sans utiliser la sirène afin de laisser dormir le quartier. Lebru s’était contenté de placer le gyrophare magnétique qui signalait assez l’urgence. La lueur clignotante bleuâtre se réfléchit sur le Pain de Sucre et Lebru crut voir du coin de l’œil une autre lueur lui répondre de la porte du monument. Il n’y prêta pas plus d’attention que ça avec tout ce qui se passait. Il se concentrait sur une conduite vive et prudente à la fois.
Chapitre 16
13 avril 2009
Extrait affriolant
Gaspard séché de Fécamp ( mus retorridus fiscamnensis) : le meilleur rapport poids protéines du trottoir.
Il se tourna lentement vers le policier et chuchota :
- Les gaspards…
Étrela tendit l’oreille qu’il avait fine, aiguisée à l’extrême quand c’était nécessaire. Il perçut alors des bruits de frottement, de trottinement, de tissu qu’on déchire, des couinements rageurs aussi.
18 février 2009
"Vos gueules les muets !" (chapitre 17)
Goéland argenté synthétique (larus argentatus plasticeus)
Arrivés au fond du couloir,
ils s’arrêtèrent devant une image stupéfiante : une espèce d’œuf blanc gigantesque était posé debout, entre deux
colonnes métalliques. On avait bombé
dessus à la peinture rouge: « Vogueul
les muetts ».
– « Vos gueules les muets » ? S'étonna Lebru
qui collait Faidherbe juste derrière lui. C'est complètement idiot comme
formule, non ?
- Non Lebru. "Vogel des Mutes", en allemand : "oiseau du courage".
(Un Havrais flingueur, chapitre 17)
(Goéland havrais de parking en train de railler. Rira bien qui rira le dernier ! Goélands et mouettes ont affaire à forte partie dans Un Havrais flingueur.)
On entendait derrière lui des rires hurlés.
- On a un beau point de vue du balcon. J'ai compté les mouettes allongées. J'en suis déjà à sept !
